INTERVIEW DE SEBASTIEN BERLENDIS

À propos de son roman Lungomare, éditions Actes Sud

par Maria P. Mischitelli et Vincent Germani pour la revue/rivista Onde

Introduction :

Pourriez-vous nous parler de votre parcours jusqu’à Lungomare ?

  1. Dans votre livre, vous situez comme départ des pérégrinations ligures des personnages la station balnéaire de Roccabianca (vous donnez même des détails : « elle se trouve à 40 kilomètres à l’Est de Sanremo ») ce qui est faux, puisque dans la réalité ça n’est pas une station balnéaire. À cette particularité s’ajoutent les descriptions d’hôtels et de lieux désuets qui donnent un côté onirique à Lungomare, ce qui nous a rappelé un univers assez proustien.

Comment vous expliqueriez ce ou ces choix ?

Si il y a bien dans votre roman ce que nous avons relevé, c’est-à-dire une sorte de recherche proustienne d’un temps effectivement perdu – notamment la jeunesse de vos parents, la recherche des origines – comment se manifeste-t-elle dans Lungomare d’après vous?

  • Le personnage d’Annabella représente-t-elle véritablement un guide pour notre narrateur, comme Laura de Pétrarque ou Beatrice de Dante, ou bien accompagne-t-elle simplement votre rêverie, en tout cas la rêverie du narrateur ?
  • Comme vous l’écrivez presque au début de votre livre, il y a une légèreté apparente dans les chansons italiennes que l’on retrouve aussi dans votre texte car on y décèle une certaine gravité, en tout cas une nostalgie : tout n’est pas aussi léger que ce qu’il semble. Que pouvez-vous nous en dire ?
  • Une question sur l’œil du cinéaste dans Lungomare : on sait que vous avez réalisé un court-métrage, Vercors, et en vous lisant il est difficile de ne pas songer à Pasolini et à sa Lunga strada di sabbia. Comment l’œil du cinéaste se situe par rapport à celui de l’écrivain dans votre roman ? Autrement dit, comment l’un influence l’autre et comment passe-t-on de l’un à l’autre?
  • On a évoqué la nostalgie dans votre roman. Il y a aussi une forme d’innocence recherchée, un temps de l’innocence perdue celui de votre enfance à laquelle vous faites plusieurs fois référence et à le jeunesse de vos parents. Est-ce qu’on peut dire que, comme dans Pasolini, au-delà de l’innocence il y a aussi une quête du bonheur dans votre Lungomare ?

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